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lundi 28 décembre 2015

ISRAËL PALESTINE


                        

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Une mission d’enquête médicale indépendante vient de dresser le bilan des crimes commis délibérément par Israël à Gaza au cours de l’attaque de l’été 2014, baptisée opération « bordure protectrice". Les actes documentés dans l’enquête comprennent l’utilisation de boucliers humains, l’assassinat de civils à bout portant, le ciblage des médecins, et de nombreux autres crimes ainsi que leurs séquelles.
Le rapport, basé sur le travail de terrain et la recherche menée par Physicians for Human Rights-Israel (PHR-Israël), en collaboration avec plusieurs autres organisations médicales et des droits humains, représente un ouvrage volumineux de 237 pages. PHR-Israël, selon ses termes, a « recruté huit experts médicaux internationaux indépendants, non affiliés à des partis israéliens ou palestiniens impliqués dans le conflit, » grands spécialistes dans de nombreux organismes médicaux, de la santé, et les champs des droits humains. Jennifer Leaning, Directrice du département de Santé publique à l’Université de Harvard en charge des question de santé et de droits de l’homme de la population mondiale a été parmi ceux choisis pour superviser le rapport.
L’enquête a également été soutenue par un large éventail d’organisations internationales de premier plan.
Dans son résumé, la mission d’enquête estime qu’au cours des 50 jours qu’a duré l’attaque d’Israël sur Gaza,
• plus de 2100 Palestiniens ont été tués ;
• au moins 70% des personnes tuées étaient des civils ;
• plus de 500 enfants ont été tués ;
• plus de 11 000 ont été blessés ; et
• au moins 100 000 sans-abri ont été faites.
The Electronic Intifada a publié un résumé des conclusions de l’enquête, attirant particulièrement l’attention sur un incident dans le village de Khuzaa, dans lequel l’armée israélienne a tiré sur une foule de civils qui fuyaient le siège d’Israël et portaient des drapeaux blancs tout en criant « paix, paix ». http://electronicintifada.net/blogs/charlotte-silver/investigators-israel-fired-gaza-civilians-carrying-white-flags
Cette attaque, néanmoins, n’est rien en comparaison à celles décrites dans le rapport. PHR-Israël a signalé qu’Israël a fait ce qui suit dans son opération militaire :
• civils utilisés comme boucliers humains ;
• civils abattus à bout portant ;
• non assistance à des enfants mortellement blessés sur le point de mourir, même après que des soldats aient établi un contact visuel avec eux ;
• répétition de frappes consécutives sur un même endroit ("technique dite des robinets doubles »), tuant les survivants blessés et aussi ceux qui tentent de les sauver ;
• Bombardement de cliniques médicales jouant le rôle de refuges pour les civils et les blessés ;
• Hôpitaux « délibérément » attaqués ;
• urgences empêchées d’évacuation médicale, même par des organisations internationales telles que la Croix-Rouge ;
• « nombreuses » équipes médicales tuées et blessées alors qu’elles sont entrain d’évacuer des blessés ;
• refus de permettre aux civils de quitter les zones attaquées ;
• ciblage des voies d’évacuation des civils ;
• ambulances pulvérisées ;
• attaques de civils tentant de fuir les zones sous le feu ;
• battre physiquement des civils ;
• refus de l’accès des civils à l’eau et à la nourriture ;
et plus encore.
Le rapport en outre documente l’utilisation par Israël d’armes non conventionnelles et expérimentales, entraînant des blessures que les médecins locaux caractérisent comme « étranges ou inexplicables" Parmi les armes utilisées, on trouve :
• munitions à fléchettes (que les médecins ont dû extraire chirurgicalement du visage des enfants) ;
• bombes « tonneau explosif », dénommées armes de « Tzefa Shirion », qui sont normalement destinées comme anti-mines, mais ont été larguées sur les civils ;
• ces armes sont soupçonnées d’être des armes DIME, conduisant à des « brûlures inhabituelles » et à des « amputations inhabituelles,« à la peau noire »carbonisée« qui ne sent pas comme de la chair brûlée et donne un »tatouage" noir brûlant autour des souches de cautérisation des amputés ;
• ces armes ont laissé des « puces d’ordinateur » avec des marques comme Sony incorporées comme des éclats d’obus dans le corps des gens ;
• ainsi qu’ « un gaz de type inconnu,« une substance de couleur blanche avec une »odeur d’égout" brûlant la peau et causant des problèmes respiratoires et pouvant être vu et senti jusqu’à 500 mètres.
La mission d’enquête médicale note que la « grande majorité des blessures causant la mort ou nécessitant une hospitalisation ... étaient le résultat d’explosions ou d’écrasements causant des blessures, souvent multiples et complexes. » Près de la moitié des habitants de Gaza interrogés ont été attaqués dans leurs maisons. Des familles entières ont été tuées dans l’attaque.
Le rapport indique que les attaques d’Israël ont été caractérisées par des bombardements lourds et imprévisibles de quartiers civils d’une manière qui ne faisait pas la distinction entre des cibles légitimes et des populations protégées et ont causé des destructions massives de maisons et de biens civils. Ces attaques aveugles par des aéronefs, des drones, de l’artillerie, des chars et des hélicoptères de combat, n’ont que peu de chances d’être le résultat de décisions prises par des soldats ou commandants individuels ; Elles doivent avoir reçu l’approbation du plus haut niveau de commandement, des décideurs dans l’armée et /ou du gouvernement israélien.
Il indique également qu'« il n’y avait pas de lieu sûr et garanti dans toute la bande de Gaza, et il n’y avait pas de voie d’évacuation ». Les experts ont accusé Israël de « violations graves des droits humains internationaux et du droit humanitaire. »
Les séquelles
Les résultats présentés sont basés sur des entretiens approfondis avec des victimes, des témoins, des professionnels de santé et les travailleurs des droits humains, des responsables locaux du gouvernement et des représentants des organisations internationales de santé. Des preuves matérielles légales, médicales, et d’autres ont également été recueillies afin de vérifier scientifiquement ces témoignages oraux.
PHR-Israël a parlé avec 68 patients hospitalisés qui ont été blessés dans les attaques, et inclut les transcriptions de ces discussions dans son rapport. La majorité des habitants de Gaza interviewés après les attentats ont souffert de :
- insomnie,
- flashbacks,
- cauchemars,
- dépression,
- perte de poids,
- perte d’appétit,
- états émotionnels instables
Dans le sillage de l’attaque, les rapports de mission d’enquête montrent :
- la pression et le manque de ressources dans les hôpitaux de Gaza ;
- des problèmes liés au transfert de patients depuis les hôpitaux de Gaza vers l’extérieur de la Bande ;
- déplacement à long terme en raison de la destruction partielle ou totale d’environ 18 000 foyers ;
- dommages à long terme sur la santé psychologique et mentale ;
- et un besoin urgent de services de réadaptation avec des ressources insuffisantes pour y répondre.
Crimes de guerre potentiels
Dans ses recommandations, PHR-Israël et al. lance un appel aux acteurs internationaux, notamment l’ONU, l’UE et les Etats-Unis, de « veiller à ce que les gouvernements d’Israël et l’Egypte permettent et facilitent l’entrée des équipes d’enquête dans la bande de Gaza, y compris des experts en droits humains et en droit international sur les armes », révélant que cela n’est toujours pas le cas des mois après l’offensive.
Israël a empêché les principales organisations des droits humains dans le monde, Amnesty International et Human Rights Watch, d’entrer à Gaza en Août 2014 pour enquêter. Cette mission d’enquête médicale peut être la première enquête indépendante à grande échelle menée à Gaza depuis les attentats de l’été.
PHR-Israël encourage également la communauté internationale à appuyer les enquêtes menées par des groupes de la société civile palestinienne locale dans leurs « efforts pour rassembler des preuves à Gaza, afin de procéder à l’enquête juridique et/ou d’autres mesures, ainsi que de rechercher la justice et/ou de réparation. Il suggère que les preuves présentées dans le rapport pourraient « être utilisées pour les fins de détermination des cas de violation des droits humains internationaux et du droit humanitaire ».
Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d’avoir commis des crimes de guerre au cours de l’été 2014 lors de son attaque sur Gaza. Organisation israélienne des droits humains B’Tselem a montré que la plupart des personnes tuées dans près de 70 attaques d’Israël sur les maisons de Gaza étaient des femmes, les enfants et les personnes âgées, et dit que le ciblage de l’armée israélienne des maisons peut constituer des crimes de guerre.
La Palestine doit rejoindre la Cour Pénale Internationale le 1er Avril 2015. En Janvier 2015, le procureur de la Cour a lancé une enquête préliminaire sur d’éventuels crimes de guerre dans les territoires palestiniens occupés.
Israël et ses alliés américains, qui se réfèrent souvent aux Forces de défense israéliennes comme à « l’armée la plus morale du monde », a conduit certains tels que l’estimé journaliste israélien Gideon Levy, à critiquer ce qu’ils considèrent comme de l’hypocrisie, à la lumière des attaques documentées comme celles-ci. En Juillet 2014, au milieu de l’opération « protection Edge,« l’ambassadeur israélien aux US, Ron Dermer, a insisté pour que les Forces de défense israéliennes soient nommées pour un Prix Nobel de la paix pour la « retenue inimaginable » avec laquelle ils pratiquaient à Gaza et a prétendu qu’Israël avait gagné »l’admiration de la communauté internationale "pour sa prudence. Ce rapport semble indiquer le contraire.

- Source : Ben Norton

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mercredi 23 décembre 2015

VOILA PAR QUI NOUS SOMMES GOUVERNES


            

                                                   
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Manuel Valls, premier ministre, adoubé par le groupe Bilderberg


Manuel Valls, le premier ministre de François Hollande, a été adoubé par le groupe Bilderberg, un des cénacles les plus sélects de l’oligarchie. Ce groupe réunit chaque année des grands dirigeants économiques et des politiques prometteurs. En tant que « socialiste ouvert », M. Valls avait été invité par le groupe Bilderberg, « afin de lui ouvrir les yeux sur certains points ».

Le groupe Bilderberg est un des cénacles les plus sélects par lesquels le régime oligarchique contourne le système démocratique. Banquiers et financiers de haut vol se retrouvent chaque année pour réfléchir ensemble, invitant des responsables politiques prometteurs, dont ils jugent qu’ils partagent leurs avis et leurs intérêts. Le journaliste Bruno Fay avait eu la bonne idée de demander à interviewer le vicomte Etienne Davignon, l’alors président du Comité de direction du groupe Bilderberg. Cette interview très intéressante a été publiée dans son livre Complocratie, paru en 2011. Il a accepté que Reporterre reprenne un passage de cette interview.


Le président du Bilderberg a confiance en Manuel Valls
Bruno Fay
J’interroge maintenant Etienne Davignon sur le choix des invités. (...) Bill Clinton, Lionel Jospin, José Manuel Barroso et tous les autres ont été systématiquement invités l’année précédente de leur élection ou de leur nomination.
« Les choses se passent dans l’autre sens », me répond-il. "Chaque année, on demande aux membres d’identifier les personnalités qui émergent dans leur pays. Par exemple, l’an passé, nous avons demandé à nos amis anglais du Steering Committee de nous donner des noms. Ils nous ont proposé d’inviter George Osborne qui a été depuis nommé chancelier de l’Échiquier dans le cabinet de David Cameron [le premier ministre britannique]. Pourquoi Osborne ? Parce que c’était un homme jeune, prometteur, du Parti conservateur, et que c’est intéressant aussi bien pour lui, que pour nous, de nous rencontrer.
"Pour Clinton, c’est la même chose. Il est venu en 1991, deux ans avant son élection, parce que nos amis démocrates nous avaient dit que c’était un garçon intéressant et sympathique. À l’époque, quand il nous a dit qu’il voulait devenir président des États-Unis, on a tous cru qu’il était dingue.
"Nous invitons deux catégories de personnel politique : ceux qui sont au pouvoir, dont nous aimerions bien connaître leur avis sur les sujets que nous traitons, et ceux qui nous paraissent appartenir à des générations montantes.
« C’est par exemple le cas de Manuel Valls qui nous a paru intéressant en tant que socialiste français ouvert. On n’est pas là pour faire sa promotion, mais il n’est pas exclu que ça lui soit utile et que ça lui ouvre aussi les yeux sur certains points. Ensuite, certains de nos invités ont un destin, mais ce n’est pas de notre fait. Je crois plus à notre vision. »

                                  
                                     
                                              
     
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lundi 7 décembre 2015

ON NOUS CACHE DES VERITES


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MYRET ZAKI  explique « la crise  

Chypre: les épargnants paient à la place des spéculateurs

Une des choses les plus mal comprises, dans la crise chypriote, est sans doute l'essentiel : à savoir sa cause principale, qui n'est autre que la spéculation contre la zone euro. Ce phénomène est si mal identifié, qu'on arrive aujourd'hui à faire passer l'idée qu'il serait légitime d'aller chercher dans les poches des épargnants ce qui a été pris aux banques par la spéculation massive contre la dette souveraine de la zone euro. Or les épargnants locaux n'ont aucune responsabilité dans cette affaire, et un transfert de richesses s'opère des populations vers l'élite sophistiquée, non régulée et non sanctionnée de la finance, en dehors de tout contrôle démocratique.
Les épargnants chypriotes, dont les comptes de plus de 100'000 euros seront potentiellement taxés jusqu'à 50% ou 80%, vont en réalité payer pour compenser ce que des hedge funds ont pillé à la zone euro, trois ans durant. La crise trouve ses origines fin 2009, dans les attaques spéculatives anglo-saxonnes qui ont ciblé de manière concertée la zone euro, et qui ont coulé le pays voisin de Chypre, la Grèce, alors que les banques chypriotes détenaient de grandes quantités de dette grecque, comme l'explique clairement l'agence Standard & Poor's.
L'effondrement de valeur des obligations grecques détenues au bilan des banques de Chypre est bien la cause principale de la crise de solvabilité de ces banques. Ces obligations grecques s'étaient effondrées suite aux paris baissiers virulents des hedge funds, paris directement responsables de la hausse des taux d'intérêt grecs qui a provoqué la strangulation financière d'Athènes. En 2010, sur les 300 milliards de dollars que représentait la dette grecque, on recensait un volume disproportionné de 85 milliards de paris baissiers de hedge funds utilisant des Credit Default Swaps (CDS).
Les porteurs d'obligations grecques, observant ce signal alarmant du marché des CDS, ont à leur tour vendu massivement, provoquant l'effondrement que l'on sait. La détérioration des dettes attaquées des petits pays a ensuite fragilisé les bilans des banques de la zone euro, y compris celles de Chypre.
Entre 2009 et début 2012, des fonds comme Brevan Howard, Caxton Associates et GLG Partners ont gagné des sommes colossales sur ces paris contre la dette en euros. Fin 2011, trois de ces fonds ont généré 3 milliards de dollars en 2 mois seulement, en coulant par exemple la dette portugaise, et leurs gains représentaient la moitié de l'austérité que devra consentir le Portugal en 2013, ou de la somme que doit à présent trouver Chypre pour accéder à l'aide de l'UE.
Pour avoir une idée de tout le pillage qui a eu lieu, il faudrait additionner tout ce qu'ont gagné, en pariant contre l'Europe, les fonds de Paul Tudor Jones, Soros Fund Management, Brigade Capital, Greenlight Capital et SAC Capital Management, mais aussi John Paulson, ainsi que les principales banques intermédiaires sur ces stratégies que sont Goldman Sachs, Bank of America et Barclays. Mais seuls quelques-uns de ces fonds dévoilent leurs stratégies et les profits qu'ils en tirent.
En lisant la presse spécialisée financière, on comprenait tout de suite que les mêmes 5 milliards d'euros que le Portugal demandait aux Portugais d'économiser en 2013 étaient ceux que les fonds spéculatifs avaient raflés en 2011 en dégradant la dette du Portugal et de ses voisins. La totalité des gains arrachés sur le dos des Etats de la zone euro par ces raids baissiers dépasse l'entendement.
Privés de dizaines de milliards par la spéculation qui a fait rage jusqu'à mi-2012 (quand la BCE l'a stoppée par sa politique « bazooka »), les gouvernements ruinés ne peuvent aujourd'hui que se tourner vers leurs populations, non coupables mais captives: les contribuables, les salariés, les retraités et à présent, les épargnants. Et l'ignorance au sujet du mécanisme (certes complexes) d'aspiration des richesses de la zone euro fait le reste..
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Alex Jones dénonce George Soros pour le coup d'État en Ukraine

                                                           
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 Etienne Chouard La Mutinerie :                                                   

Étienne Chouard, né le 21 décembre 19561 à Paris, est un enseignant français, professeur d'économie et de droit dans un lycée à Marseille. Principalement connu comme blogueur, il a bénéficié d'une certaine notoriété en 2005 à l'occasion de la campagne du référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe en argumentant pour le « non ».



Depuis lors Étienne Chouard, qui déclare « chercher la cause principale des injustices sociales », étudie différents régimes démocratiques et constitutions. Il défend notamment le système du tirage au sort et soutient qu'une nouvelle assemblée constituante devrait être basée sur cette méthode. Il défend également le référendum d'initiative populaire et soutient que le véritable suffrage universel est le vote direct des lois par les citoyens. Il qualifie l'Union européenne « d'épouvantable piège » qui met en place un « chômage institutionnalisé », et dénonce fréquemment le « sabordage monétaire » que constitue selon lui l'abandon de la création monétaire publique vers les banques privées. Dans une moindre mesure il soutient également l'idée du revenu de base inconditionnel.





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dimanche 6 décembre 2015

VOICI D’OÙ VIENT LE MAL DANS LE MONDE !

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La Commission Trilatérale, réunie à Berlin : qui en parle ?

Ce dimanche 17 mars 2013 se tient toujours à Berlin la réunion plénière annuelle de la Commission Trilatérale. Nous avons déjà consacré à cette réunion l'article de jeudi dernier « La Commission Trilatérale, à Berlin ce week-end »sur notre blog La Science au XXI Siècle. Comme d'habitude, aucun média « sérieux » n'en parle. Quant aux prétendus « progressistes », les « gauches » participent directement à la Trilatérale (la « socialiste » française Elisabeth Guigou en est membre actuellement), et les « gauches de la gauche » ont besoin des « gauches » pour accéder à un certain nombre de « bonnes places ». Il en résulte un silence spectaculaire. Pourtant, au vu de son site, on ne peut pas reprocher à la Commission Trilatérale une réelle opacité. Bien au contraire, les informations et le matériel considérables qui y sont diffusés s'ajoutent aux rapports commercialisés par la Brookings Institution. C'est bien au niveau des médias et du monde politique et syndical, que se fait la censure de l'information. Sans oublier ceux qui crient à la « théorie du complot ». Pourtant, il ne semble pas qu'il soit interdit, voire même difficile, de s'informer sur les réunions de la Commission Trilatérale, à en juger par les photos diffusées hier par le site VigiInfos sur l'accueil offert la veille par Angela Merkel à la réunion de Berlin. VigiInfos relèveégalement que l'Agenda international de cette semaine affiché par l'Assemblée Nationale comportait explicitement la mention : « Commission des affaires étrangères. Participation de Mme Elisabeth Guigou, présidente, à la Trilatérale ». Il n'y a donc pas de secret, uniquement des silences. Lieu de réflexion commune des représentants du capitalisme mondial, la Trilatérale ne se cache ni ne se renie. « En face », on ne peut pas en dire autant... Et quel média français a fait savoir à ses lecteurs ou auditeurs que l'ami personnel de longue date de François Hollande qu'est le PDG d'AXA Henri de Castries est en même temps le président des rencontres de Bilderberg ?
Notre article du jeudi 14 mars avec le titre explicite  « La Commission Trilatérale, à Berlin ce week-end »,http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/14/la-commission-trilaterale-a-berlin-ce-week-end.html, présente un bref historique de la création de la Commission Trilatérale il y a quarante ans.
A l'époque, la défaite des Etats-Unis au Viêt Nam s'annonçait clairement et le capitalisme international se trouvait confronté à de nombreux pays se réclamant du socialisme ainsi qu'à un puissant mouvement anticolonial et anti-impérialiste. Au sein même des pays « riches », les mouvements revendicatifs étaient puissants et inquiétaient les détenteurs des capitaux.

C'est dans ce contexte, que les fondateurs de la Trilatérale ont appelé en 1973 à une réflexion stratégique commune des trois pôles du capitalisme de l'époque : Amérique du Nord, Europe occidentale, Asie (pour l'essentiel, le Japon). L'actuelle mondialisation du capitalisme a très largement émergé de cette initiative à laquelle ont participé, avec le principal fondateur David Rockefeller, des représentants des multinationales et de la grande finance ainsi que des futurs dirigeants politiques au plus haut niveau comme Zbigniew Brzeziński ou Raymond Barre.
L'Acte Unique Européen (Jacques Delors, 1986) ou la mise en place de l'Organisation Mondiale du Commerce (1994), instaurant la « libre circulation des capitaux et des marchandises », sont pour une bonne partie des résultats de cette « pensée commune » du capitalisme mondial, dans un contexte bien plus favorable à ses intérêts où l'URSS a cessé d'exister et la République Populaire de Chine a renforcé ses liens avec les Etats-Unis et l'Europe occidentale. Qui s'est vraiment opposé à cette stratégie du capitalisme mondial ? C'est un ancien bras droit de Jacques Delors, le « socialiste » français Pascal Lamy, qui dirige actuellement l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
A présent, des représentants de la République Populaire de Chine, de l'Inde, de Singapour, de la Corée du Sud, de l'Indonésie, des Philippines... font partie de la Commission Trilatérale.
Dans ces conditions, et alors que l'on trouve aisément dans le « marché mondial de la main d'oeuvre » des salaires dix fois plus bas que le SMIC français, et qu'en Europe même les très bas salaires ne font pas défaut, à quoi peuvent servir les « économies » mises en place par François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Jérôme Cahuzac... ? La réalité que l'on évite d'exposer aux citoyens est que la véritable dégringolade ne fait que commencer dans des pays comme la France que les capitaux abandonnent à la recherche des plus bas salaires et standards sociaux.
Et c'est de toute évidence une « excellente raison » pour ne pas évoquer auprès du « grand public » les réunions de la Commission Trilatérale, même si la Trilatérale ne se prive pas de rendre de nombreuses informations parfaitement accessibles sur son sitehttp://www.trilateral.org .

Le 17 mars également, Boursier.com se réjouit : « Baisser les allocations familiales n'est plus un tabou ! », et ajoute encore« L'idée de se serrer la ceinture n'est plus taboue ! ». Mais a-t-on vraiment expliqué aux Français jusqu'où devront-ils « se serrer la ceinture » ? La réalité est qu'on n'a rien vu encore.
Le site Atlantico tente de se montrer rassurant dans son article« Frankenstein : l’Occident inventeur de la mondialisation est-il en train d’en perdre le contrôle ? ». Mais force est de constater que la politique dite « d'économies budgétaires » se traduit d'ores et déjà par un effondrement progressif du niveau de vie des populations des Etats-Unis et de l'Europe occidentale. Très clairement, ce n'est que le début d'une profonde dégringolade.
Pour les populations des pays jadis « riches », la véritable question n'est pas de savoir si les grandes multinationales et les milieux financiers parviendront à tirer leur épingle du jeu, mais ce que deviendront leurs acquis sociaux de l'après-guerre. 
C'est précisément la perspective d'un anéantissement total de ces acquis historiques de travailleurs et citoyens, qui « déconseille » d'informer les populations sur les réunions d'entités comme la Commission Trilatérale ou le Cercle de Bilderberg. Et c'est ce qui rend particulièrement troublants de nombreux silences.
Pourtant, les membres de la Trilatérale ne passent pas sous silence leurs activités. Vendredi, son président européen Jean-Claude Trichet publiait dans le New York Times un article d'opinion intitulé « The Euro Zone and the Global Crisis ». A la fin de l'article, il est ainsi présenté : « Jean-Claude Trichet,former president of the European Central Bank, is the European chairman of the Trilateral Commission ». Trichet évoque explicitement « the future of credible European governance »comme l'un des sujets de la réunion en cours à Berlin.
Quel média français a mentionné cet article de Jean-Claude Trichet ? Quel courant politique a entrepris d'y réagir ?
Pour une réponse dans le New York Times à l'article de Trichet, voir cette note de Paul Krugman intitulée « The Very Confident Jean-Claude Trichet » :http://krugman.blogs.nytimes.com/2013/03/16/the-very-confident-jean-claude-trichet/


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