C'est une curiosité et une merveille d' ingénierie. Ce cabinet fut détenu par le roi Frédéric-Guillaume II à Berlin, c'est une pièce
unique et remarquable par sa riche décoration et sa complexité
mécanique.
Abraham Rœntgen (1711-1793) est un ébéniste réputé qui a son atelier à Neuwie, une ville sur le Rhin, non loin de Coblence. Son fils David Roentgen (né en 1743 à Herrnhag (en), mort en 1807) est un ébéniste allemand, qui a travaillé pour la cour de France.
David Roentgen débute probablement à l'atelier de son père et voyage beaucoup. Il se rend ainsi en Russie, en Hollande, en Autriche et en France. En 1769, il reprend la direction de l'atelier paternel, peu après avoir organisé à Hambourg une grande vente aux enchères de meubles qu'il a fabriqués avec son père.
Après une première visite en 1774, ce virtuose de la marqueterie retourne à Paris en mars 1779 avec plusieurs meubles de sa fabrication et en compagnie de l'horloger Peter Kinzing. La Reine Marie-Antoinette et le comte d'Artois, frère du Roi (futur Charles X), lui achètent des meubles.
Ses confrères parisiens, jaloux, l'obligent à rejoindre la jurande des Menuisiers-Ébénistes. Il est reçu maître en 1780 bien que contrairement aux nombreux ébénistes allemands installés à Paris, il n'y aura lui jamais d'atelier. S'il tente d'obtenir le privilège de vendre ses meubles auprès des membres de la cour sans être assujetti à la corporation des ébénistes, sa demande est rejetée et il est contraint de soumettre ses productions à la jurande qui pourra apposer son sigle aux côtés de sa signature. Étrangement, un seul meuble est aujourd'hui porteur de son estampille à chaud, un grand nombre est signé à l'encre et le sigle de la jurande est toujours absent, ce qui démontre un contrôle relatif de la corporation des ébénistes. Certaines signatures sont marquetées ou réduites au sigle R4 : r pour Roentgen et le 4 pour désigner la quatrième lettre de l'alphabet et désigner son initiale de prénom.
Il a fourni au roi Louis XVI, le meuble le plus cher jamais commandé. Ce « cabinet du Roi », tout à la fois commode, boite à musique et pendule, il fut dépecé au XIXème siècle et transformé en petits meubles plus facilement négociables.
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